La pratique de la magie

Utiliser la magie vs jeter des sorts

Pour le non initié, les termes « uti­li­ser de la magie » et « jeter un sort » peuvent paraitre iden­tiques. Ceci est faux, jeter des sorts a une signi­fi­ca­tion bien dif­fé­rente de la « simple » uti­li­sa­tion de magie.

Cer­tains indi­vi­dus, ou même cer­taines espèces, ont hérité ou acquis des Talents (au tra­vers de bizar­re­ries ances­trales ou d’accidents magiques) qui sont simi­laires aux effets de sorts clas­siques. Ces Talents incluent le fait de res­pi­rer sous l’eau sans bran­chies, une com­mu­ni­ca­tion télé­pa­thique, ou une capa­cité de gué­ri­son sur­na­tu­relle. Ces talents sont connus sous le terme géné­rique de « Magie du Sang ». La Magie du Sang est innée et fonc­tionne le plus fré­quem­ment de manière auto­ma­tique. Même quand une capa­cité de Magie du Sang est acti­vée consciem­ment, la mana à l’intérieur de la créa­ture est concen­trée dans un but unique et immuable. Il s’agit uni­que­ment « d’utiliser la magie ».

L’incantation de sorts, elle, est tou­jours issue d’une volonté consciente. La mana est foca­li­sée, et c’est le jeteur de sorts qui décide de l’ordonner en une matrice cohé­rente. Contrai­re­ment à la Magie du Sang et à cer­tains types de Magie de la Nature, les effets de l’incantation des sorts peuvent être contrés (par l’utilisation de « Contre­sort »), ter­mi­née pré­ma­tu­ré­ment, ou annu­lée (par « Dis­si­pa­tion de la Magie »).

L’incantation de sorts est défi­nie comme une méthode qui, au tra­vers de la foca­li­sa­tion et de la mani­pu­la­tion de matrices de mana, permet de créer un résul­tat spé­ci­fique.

Un sort est une matrice ésotérique d’énergie magique

Les jeteurs de sorts incantent en for­mant l’énergie magique (mana) en une matrice au tra­vers d’une sym­bo­lique le plus sou­vent écrite et spé­ci­fique à chaque sort (repré­sen­tée visuel­le­ment par un sigil, voir ci-après). La libé­ra­tion de l’énergie magique conte­nue dans la matrice redé­fi­nit la réa­lité, mais c’est la matrice qui déter­mine ce que seront les effets.

Quand il est incanté, un sort laisse une signa­ture mys­tique unique impré­gnée dans l’endroit où le sort a été jeté. Plus le sort est puis­sant, plus impor­tante sera la signa­ture. Un mage accom­pli peut déchif­frer ces signa­tures, iden­ti­fiant le sort, voire même le jeteur. Avec le temps, les signa­tures deviennent de plus en plus ténues et dif­fi­ciles à inter­pré­ter, mais elles ne dis­pa­raissent jamais vrai­ment.

Comment fonctionne une incantation ?

Deux élé­ments sont indis­pen­sables à l’incantation d’un sort : une source de mana et un sort.

L’apprentissage et la nature du pra­ti­quant des Arts de magie défi­nissent la source de mana qu’il uti­lise. Un Nain ne saura pas uti­li­ser la mana per­son­nelle dont il est dépourvu, de même qu’un mage débu­tant n’aura aucune idée de com­ment tirer de la Mana Pure d’une Ligne de Force, du moins pas avant de très nom­breuses années d’apprentissage spé­ci­fique.

La Com­pé­tence de Déve­lop­pe­ment des Points de Pou­voir repré­sente la capa­cité du pra­ti­quant à uti­li­ser le type de mana appro­priée à chaque tra­di­tion d’incantation. Cela repré­sente sa capa­cité à en foca­li­ser de plus ou moins grandes quan­ti­tés, ou sa capa­cité à résis­ter au flux de mana qui lui est cana­lisé. En s’entrainant dans cette Com­pé­tence, les jeteurs de sorts peuvent aug­men­ter la quan­tité de mana qu’ils peuvent rai­son­na­ble­ment uti­li­ser sur une période donnée. Une fois cette limite atteinte, le mage doit se repo­ser avant d’utiliser à nou­veau de la mana.

En reve­nant aux deux élé­ments indis­pen­sables à l’incantation d’un sort, pas­sons au second, le sort lui-même. Le jeteur de sorts doit avoir appris le sort ou le lire sur un rou­leau ou un gri­moire à sa dis­po­si­tion. Après avoir eu accès à la repré­sen­ta­tion écrite de la struc­ture du sort (le « sigil »), le jeteur de sorts peut ensuite tenter de réel­le­ment incan­ter le sort en impo­sant la matrice décrite par le sigil à la mana qu’il a foca­li­sée.

Ce pro­ces­sus implique une intense concen­tra­tion pen­dant que le jeteur de sorts force la mana à prendre la struc­ture de la matrice décrite par le sigil. La plu­part des jeteurs de sorts uti­lisent des « Styles de Foca­li­sa­tion de Mana » pour atteindre ce degré de concen­tra­tion et par­ve­nir à ordon­ner les éner­gies magiques. Chaque tra­di­tion d’incantation a déve­loppé ses propres styles de foca­li­sa­tion. Cer­taines tra­di­tions incluent même des « Objets de Foca­li­sa­tion », tels que des baguettes, des bâtons ou même des armes, des ins­tru­ments ou des livres.

Pour un obser­va­teur novice, la foca­li­sa­tion pour­rait sem­bler être l’acte même de l’incantation. Ce n’est pas le cas : ce sont plutôt des aides et des sortes de rac­cour­cis pour atteindre la per­fec­tion deman­dée par la matrice. Elle est la clé pour déver­rouiller les mys­tères de la mana, mais c’est bien le jeteur de sorts lui-même qui doit tour­ner la clé.

Sim­ple­ment dupli­quer les mou­ve­ments et paroles d’un mage res­tera sans effet, comme l’ont décou­vert de nom­breux appren­tis mages : « Mais pour­tant, j’ai bien pro­noncé toutes les paroles, et rien ne se passe… » Ce refrain est un de ceux qui exas­pèrent le plus un mentor. Tant que la mana n’est pas cor­rec­te­ment concen­trée et la matrice réel­le­ment com­prise, rien ne se pas­sera jamais.

Il faut noter qu’il est plutôt heu­reux que le simple fait de simu­ler les incan­ta­tions d’un mage sans accès à la mana et à la connais­sance des sigils ne pro­duise aucun effet. Il est dif­fi­cile d’imaginer le chaos et la des­truc­tion qui en résul­te­raient : les civi­li­sa­tions, et peut-être la vie elle-même, pour­raient ne pas y sur­vivre.

Les sources de mana

Il existe plu­sieurs sources d’énergie magique, dont on peut tirer de la mana. Alors que chaque per­son­nage peut entrai­ner son corps à sup­por­ter des flux de mana impor­tants (grâce à la Com­pé­tence de Déve­lop­pe­ment des Points de Pou­voir), foca­li­ser la mana requiert un don (repré­senté par un Talent). Chaque per­son­nage reçoit un Talent de ce type lors de la phase de créa­tion, sans dépen­ser de Points de Déve­lop­pe­ment. Si le per­son­nage ne choi­sit pas une pro­fes­sion de jeteur de sorts, ce talent reste latent. 

Les avan­tages, incon­vé­nients et par­ti­cu­la­ri­tés de chaque source de mana sont donnés ci-des­sous.

Mana Personnelle

Elle repré­sente la cir­cu­la­tion de mana au tra­vers du corps d’une créa­ture, soit direc­te­ment de l’univers magique à l’univers ordi­naire, soit indi­rec­te­ment, au tra­vers des impré­gna­tions de la mana pré­sente dans l’environnement.

Elle a donc l’avantage d’être tou­jours dis­po­nible pour une exploi­ta­tion immé­diate. Le corps du jeteur de sorts peut être consi­déré comme un accu­mu­la­teur de mana, l’incantation étant ali­men­tée en tirant sur cette « charge » sto­ckée en lui. Une fois que la « charge » a été uti­li­sée, le mage doit attendre que son corps se « recharge ». L’inconvénient est que dans des zones à faible den­sité de mana, la récu­pé­ra­tion sera plus lente que la nor­male. La mana per­son­nelle repré­sente une des méthodes les plus com­munes pour ali­men­ter en éner­gie les sorts clas­siques.

Talent requis : Uti­li­sa­tion de la Mana Per­son­nelle

Mana Ambiante

C’est la mana que l’on trouve dans l’environnement. Les jeteurs de sorts qui uti­lisent la mana ambiante foca­lisent cette éner­gie quand ils en ont besoin plutôt que de la sto­cker dans leur corps pour une uti­li­sa­tion ulté­rieure.

La mana ambiante et la mana fixe ne dif­fèrent par leur tem­po­ra­lité et leur quan­tité. La mana ambiante cir­cule au tra­vers et autour de toutes les plantes, les miné­raux, etc. alors que la mana fixe est une éner­gie magique qui a été « empri­son­née » de manière per­ma­nente dans des struc­tures orga­niques ou miné­rales. La quan­tité de mana ambiante dans une plante moyenne est mini­male, mais la quan­tité de mana fixe pour­rait être sub­stan­tielle.

Comme la mana ambiante est plutôt dif­fuse, les jeteurs de sorts qui l’utilisent prennent plus de temps à incan­ter leurs sorts, puisqu’ils doivent concen­trer et foca­li­ser la mana pen­dant qu’ils donnent forme à la matrice. Les uti­li­sa­teurs de la mana ambiante ont besoin d’1 round d’incantation pour 2 Points de Pou­voir dépen­sés (arrondi vers le haut). Une incan­ta­tion stan­dard prend 1 round pour 5 PP. Les jeteurs de sorts peuvent accé­lé­rer l’incantation en sui­vant la règle habi­tuelle. Les sorts ins­tan­ta­nés ne sont pas impac­tés par cet effet. 

Dans les zones de faible den­sité de mana, le pro­ces­sus pour foca­li­ser la mana ambiante peut être encore plus lent, les sorts pou­vant prendre jusqu’à un round par PP.

Les uti­li­sa­teurs de mana ambiante ont deux avan­tages sur les autres jeteurs de sorts. Pre­miè­re­ment, comme ils ne stockent pas la mana dans leur corps, ils peuvent récu­pé­rer plus rapi­de­ment de la fatigue causée par les incan­ta­tions. Un uti­li­sa­teur de mana ambiante regagne un quart de son total de PP en une heure de repos com­plet. Deuxiè­me­ment, les per­son­nages de ce type ne seront pas détec­tés par un sort de « Détec­tion de la Magie » ou une « Détec­tion des Talents Magiques », à moins qu’ils ne soient en train d’incanter ou qu’ils n’aient un sort en cours de fonc­tion­ne­ment sur eux. Ceci est bien entendu au fait qu’ils n’aient pas de mana sto­ckée dans leur corps.

Talent requis : Uti­li­sa­tion de la Mana Ambiante

Mana Canalisée

La mana cana­li­sée est déli­vrée direc­te­ment au jeteur de sorts par une Puis­sance Supé­rieure. Un des seuls Pou­voirs à uti­li­ser la cana­li­sa­tion envers ses ser­vi­teurs est l’Ennemi. Un autre Pou­voir Supé­rieur pour­rait un jour déci­der de cana­li­ser de la mana à ses ser­vi­teurs les plus fer­vents parmi les croyants. Ceci devien­drait une marque de recon­nais­sance de la piété du ser­vi­teur en ques­tion.

Comme la mana cana­li­sée est direc­te­ment « trans­mise » du Pou­voir au jeteur de sorts, la den­sité de mana dans la zone n’a aucune influence sur l’utilisation ou la récu­pé­ra­tion de la mana. L’inconvénient vient de ce que le jeteur doit rester dans les bonnes grâces du Pou­voir qu’il sert, ce qui, dans cer­tains cas, peut s’avérer ardu. S’il devait perdre son statut de ser­vi­teur pri­vi­lé­gié, le Pou­voir pour­rait déci­der de dimi­nuer, voire de stop­per, la cana­li­sa­tion de mana. Cette situa­tion pour­rait sans doute durer jusqu’à un éven­tuel retour en grâce.

Talent requis : Uti­li­sa­tion de la Mana Cana­li­sée

Mana Fixe

Cette mana est pré­sente et concen­trée dans cer­taines plantes, miné­raux, gemmes et autres maté­riaux natu­rels. Elle est la fon­da­tion de la Magie de la Nature qui permet de tirer de la mana de cer­tains de ces objets pour former des matrices de sorts, dif­fé­rentes en fonc­tion des pro­prié­tés occultes de chaque maté­riau.

Dans le cadre de la foca­li­sa­tion de la mana fixe pour incan­ter, les par­ties utiles peuvent être des frag­ments de plantes, de petits mor­ceaux de corps d’animaux, des miné­raux ou des gemmes. Les com­po­sants orga­niques (plantes et ani­maux) contiennent une quan­tité finie de mana. Une fois que cette mana est consom­mée, le com­po­sant tombe en pous­sière. Ces com­po­sants orga­niques ont aussi une durée de vie limi­tée dans le temps, avant que le pro­ces­sus natu­rel de décom­po­si­tion ne les rende inuti­li­sables. Ils sont tou­te­fois faciles et peu coû­teux à obte­nir.

Les com­po­sants non orga­niques (miné­raux et cris­taux) contiennent eux aussi une quan­tité finie de mana. Contrai­re­ment à leurs homo­logues orga­niques, ils semblent avoir une capa­cité limi­tée à voir leur mana « rechar­gée ». Ils peuvent donc être vidés de leur mana, lais­sés un temps en récu­pé­ra­tion, et uti­li­sés de nou­veau ensuite. Comme des bat­te­ries rechar­geables, ce pro­ces­sus ne peut pas être répété indé­fi­ni­ment, et un échange sera à un moment néces­saire. Les com­po­sants non orga­niques sont beau­coup plus coû­teux et pour­raient même créer quelques idées chez un tire-laine ou un cou­peur de bourses. 

La quan­tité de mana pré­sente dans un com­po­sant est défi­nie dans le cha­pitre des « Sub­stances Éso­té­riques ».

Il est par­fai­te­ment pos­sible pour un mage d’avoir poten­tiel­le­ment plus de mana à dis­po­si­tion dans ses com­po­sants que dans son total de Points de Pou­voir. Le total de Points de Pou­voir repré­sente la limite maxi­mum d’incantations pou­vant être effec­tuées en un temps donné. Quand la limite est atteinte, le mage doit récu­pé­rer, son corps ne pou­vant plus sup­por­ter de mani­pu­la­tions magiques.

Comme ceux qui uti­lisent la mana ambiante, les uti­li­sa­teurs de la mana fixe doivent d’abord concen­trer l’énergie magique de leurs com­po­sants vers leur corps. Ils doivent pour cela être en contact avec leurs com­po­sants, en les por­tant sur eux, en les trans­por­tant, ou en les tenant. Le pro­ces­sus d’internalisation de la mana ralen­tit l’incantation.

Les uti­li­sa­teurs de la mana fixe ont besoin d’1 round d’incantation pour 3 Points de Pou­voir dépen­sés (arrondi vers le haut). Une incan­ta­tion stan­dard prend 1 round pour 5 PP. Les jeteurs de sorts peuvent accé­lé­rer l’incantation en sui­vant la règle habi­tuelle. Les sorts ins­tan­ta­nés ne sont pas impac­tés par cet effet. 

Les uti­li­sa­teurs de la mana fixe ont trois avan­tages sur les autres jeteurs de sorts. Pre­miè­re­ment, comme ils ne stockent pas la mana dans leur corps, ils peuvent récu­pé­rer plus rapi­de­ment de la fatigue causée par les incan­ta­tions. Un uti­li­sa­teur de mana fixe regagne un quart de son total de PP en une heure de repos com­plet. Deuxiè­me­ment, les per­son­nages de ce type ne seront pas détec­tés par un sort de « Détec­tion de la Magie » ou une « Détec­tion des Talents Magiques », à moins qu’ils ne soient en train d’incanter ou qu’ils n’aient un sort en cours de fonc­tion­ne­ment sur eux. Ceci est bien entendu au fait qu’ils n’aient pas de mana sto­ckée dans leur corps. Troi­siè­me­ment, s’il a suf­fi­sam­ment de com­po­sants à dis­po­si­tion, les uti­li­sa­teurs de mana fixe fonc­tionnent nor­ma­le­ment dans les zones à den­sité magique faible.

Talent requis : Uti­li­sa­tion de la Mana Fixe

Mana Pure

Il n’existe qu’un moyen d’utiliser ce flot extrê­me­ment impor­tant de mana : la tirer direc­te­ment de l’Arantèle de Mana qui par­court le monde. Que ce soit à partir d’une des « Lignes de Force » ou d’un « Point Nexus », cette mani­pu­la­tion est dan­ge­reuse mais délivre des quan­ti­tés énormes de mana. La foca­li­sa­tion de cette mana se fait exclu­si­ve­ment au tra­vers de rituels de Haute Magie entre­pris par plu­sieurs mages. Les plus grandes œuvres magiques des mor­tels requièrent une source de Mana Pure.

Les pra­ti­quants de la Haute Magie emploient d’autres sources de mana pour ali­men­ter les incan­ta­tions uti­li­sées pour mani­pu­ler la mana pure, qui est trop « riche » pour pou­voir être inter­na­li­sée sans risque.

Les styles de focalisation

Inter­pré­ter la repré­sen­ta­tion visuelle d’un sort, son sigil, et forcer la mana à prendre la forme de la matrice que l’on cherche à lui impo­ser requiert une concen­tra­tion intense. Par­ve­nir à ce niveau de concen­tra­tion demande de grands efforts. Des tech­niques ont été déve­lop­pées pour faci­li­ter cet effort, appelé foca­li­sa­tion du sort. Chaque tra­di­tion pos­sède ses styles de foca­li­sa­tion pré­fé­rés.

Au tra­vers des siècles de pra­tiques magiques, les mages ont décou­vert qu’un unique style de foca­li­sa­tion ne suf­fi­sait pas à faci­li­ter le pro­ces­sus d’incantation. Il faut donc com­bi­ner deux styles de foca­li­sa­tion pour former une matrice de sort avec fia­bi­lité.

Les uti­li­sa­teurs de magie doivent sélec­tion­ner deux styles de foca­li­sa­tion quand ils choi­sissent une pro­fes­sion de jeteur de sorts. En termes de jeu, cela est repré­senté par l’acquisition « gra­tuite » (sans dépense de Points de Déve­lop­pe­ment) de deux Talents de Styles de Foca­li­sa­tion. Il est ensuite pos­sible d’acheter des styles sup­plé­men­taires, mais peu de mages s’en donnent la peine.

Plu­sieurs styles sont décrits ci-après. Le MJ peut déci­der que cer­tains styles ne sont pas dis­po­nibles dans sa cam­pagne. La paire de styles par défaut est com­po­sée du couple Style Cor­po­rel / Style Vocal. Ils sont ceux à uti­li­ser si l’on sou­haite mini­mi­ser les options.

Lorsqu’ils sont uti­li­sés cor­rec­te­ment, les styles de foca­li­sa­tion peuvent donner un léger bonus à l’incantation. Quand l’utilisation d’un style est limi­tée (comme dans le cas du style Vocal lorsque le mage se trouve dans l’obligation de mur­mu­rer), une péna­lité faible peut être appli­quée. Quand le jeteur de sorts ne peut pas uti­li­ser un de ses styles de foca­li­sa­tion, il encourt une péna­lité de –50 à l’incantation (comme lorsqu’un uti­li­sa­teur du style Vocal ne peut pas parler, ou du style Cor­po­rel ne peut pas bouger). Si le jeteur ne peut uti­li­ser aucun de ses deux styles, il ne peut pas incan­ter.

Style de Focalisation (Corporel)

Dans le Style de Foca­li­sa­tion Cor­po­rel, le jeteur uti­lise des mou­ve­ments de ses mains et de sa tête, aussi bien que des mou­ve­ments de l’ensemble de son corps. Accom­plir cha­cune de ces actions connecte un mou­ve­ment à une asso­cia­tion men­tale liée aux dif­fé­rentes facettes du sigil à repro­duire. La séquence finale abou­tit à la recréa­tion, par des mou­ve­ments et leur enchai­ne­ment, des formes décrites par le sigil. Ce style pos­sède l’avantage du silence, mais requiert une capa­cité à faire des mou­ve­ments libre­ment.

Si le jeteur ne peut pas bouger, il encourt une péna­lité de –50 à son incan­ta­tion.

Talent requis : Style de Foca­li­sa­tion (Cor­po­rel)

Style de Focalisation (Vocal)

Les jeteurs de sorts choi­sis­sant le Style de Foca­li­sa­tion Vocal récitent leurs incan­ta­tions (le plus sou­vent des syl­labes sans cohé­rence) durant toute l’incantation du sort. Au tra­vers d’un long appren­tis­sage, ces jeteurs de sorts se sont entrai­nés à asso­cier cer­tains mots avec les formes du sigil d’un sort. En com­bi­nant ces mots en des sorts de phrases caba­lis­tiques, le jeteur atteint l’effet désiré. 

Si le jeteur ne peut pas pro­non­cer les mots néces­saires, il encourt une péna­lité de –50 à son incan­ta­tion.

Talent requis : Style de Foca­li­sa­tion (Vocal)

Style de Focalisation (Gestuel)

Les jeteurs de sorts choi­sis­sant le Style de Foca­li­sa­tion Ges­tuel tentent de créer des mou­ve­ments caden­cés et enchai­nés qui lui rap­pellent les formes du sigil. Ces mou­ve­ments sont effec­tués avec les doigts d’une main et l’avant-bras. On pour­rait rap­pro­cher ces mou­ve­ments du lan­gage des mains des sourds-muets. Les gestes peuvent aller du simple poin­tage de doigt à des mou­ve­ments rapides et com­plexes de tous les doigts. 

Si le jeteur n’a pas une main libre, il encourt une péna­lité de –50 à son incan­ta­tion.

Talent requis : Style de Foca­li­sa­tion (Ges­tuel)

Style de Focalisation (Chanté)

Favo­risé par les Bardes, le Style de Foca­li­sa­tion Chanté (et sa variante musi­cale) asso­cie des phrases musi­cales et cer­taines notes avec les dif­fé­rents élé­ments du sigil. Le jeteur les com­bine en un chant com­plet, une sorte de mélo­die, durant l’incantation, se met­tant en quelque sorte au dia­pa­son de la tona­lité, du rythme et de la mélo­die spé­ci­fique à chaque sort. Cer­tains jeteurs de sort uti­li­sant ce style sont par­fois appe­lés des « Chan­teurs de Sorts » et cer­tains trou­ba­dours asso­cient même les styles Chanté et Musi­cal.

Les uti­li­sa­teurs de ce style doivent abso­lu­ment déve­lop­per leurs Com­pé­tences de « Musique – Chant » et de « Musique – Ins­tru­ment () ». Pour chaque Point de Pou­voir investi dans un sort, le jeteur doit avoir autant de Rangs dans la Com­pé­tence de Musique uti­li­sée.

Pour uti­li­ser ce style cor­rec­te­ment, le jeteur doit réus­sir un Jet de dif­fi­culté Moyenne (+0) en « Musique ». Si le Jet est réussi, il peut addi­tion­ner son nombre de Rangs en « Musique » à son Jet d’Incantation. Si le jeteur rate son Jet de « Musique », une péna­lité de –20 est appli­quée au Jet, indi­quant un sigil mal formé. 

Si le jeteur ne peut pas chan­ter (bâillonné, perte de voix), il encourt une péna­lité de –50 à son incan­ta­tion. De même, s’il uti­lise le style Musi­cal et qu’il ne peut pas jouer de son ins­tru­ment), il encourt une péna­lité de –50 à son incan­ta­tion.

Talent requis : Style de Foca­li­sa­tion (Chanté) ou Style de Foca­li­sa­tion (Musi­cal)

Style de Focalisation (Extatique)

Les jeteurs de sorts choi­sis­sant le Style de Foca­li­sa­tion Exta­tique tentent d’atteindre l’état d’esprit requis en se pla­çant dans une transe médi­ta­tive légère, et en for­mu­lant le vou­loir de l’existence du sigil par pure force men­tale. Les pra­ti­quants de la transe doivent déve­lop­per la Com­pé­tence de « Concen­tra­tion Men­tale ». Pour chaque Point de Pou­voir investi dans un sort, le jeteur doit avoir autant de Rangs dans la Com­pé­tence de « Concen­tra­tion Men­tale ».

Pour uti­li­ser ce style cor­rec­te­ment, le jeteur doit réus­sir un Jet Dif­fi­cile (-20) en « Concen­tra­tion Men­tale ». Si le Jet est réussi, il peut addi­tion­ner son nombre de Rangs en « Concen­tra­tion Men­tale » à son Jet d’Incantation. Si le jeteur rate son Jet de « Concen­tra­tion Men­tale », une péna­lité de –20 est appli­quée au Jet, indi­quant un sigil mal formé. 

Si le jeteur ne peut pas entrer dans son état de transe légère (drogué, acti­vité phy­sique obli­ga­toire), il encourt une péna­lité de –50 à son incan­ta­tion.

Talent requis : Style de Foca­li­sa­tion (Exta­tique)

Style de Focalisation

Styles de Foca­li­sa­tion Condi­tions Modi­fi­ca­teur au Jet d’Incantation
Cor­po­rel Inca­pable de bouger –50
Capable de bouger +0
Vocal Inca­pable de parler –50
Mur­mure –20
Voix nor­male +0
Ges­tuel Inca­pable de bouger –50
Une main libre +0
Chanté Inca­pable de chan­ter ou de jouer de l’instrument –50
Manœuvre de Musique ratée –20
Manœuvre de Musique réus­sie +1 par Rang
Exta­tique Inca­pable d’entrer en transe –50
Manœuvre de Concen­tra­tion Men­tale ratée –20
Manœuvre de Concen­tra­tion Men­tale réus­sie +1 par Rang

Combiner les styles de focalisation

Le style final de foca­li­sa­tion pour un jeteur est une com­bi­nai­son des deux styles choi­sis, par exemple Corporel/​Vocal ou Gestuel/​Chanté. Ces styles com­bi­nés imposent au mage d’adhérer aux condi­tions et aux limites des deux styles simul­ta­né­ment, ceci lui per­met­tant d’optimiser la foca­li­sa­tion de la mana. Ne pas res­pec­ter les condi­tions de l’un des styles entraine une péna­lité, ne pas res­pec­ter les condi­tions des deux empêche d’incanter.

Rare­ment, un mage peut déci­der d’apprendre des styles de foca­li­sa­tion addi­tion­nels. Ces styles sup­plé­men­taires doivent être ache­tés avec des Points de Déve­lop­pe­ment. Le mage choi­sit deux des styles au moment d’incanter chaque sort.

Incantation et armure

La mani­pu­la­tion de la mana, et l’incantation de sorts en par­ti­cu­lier, est sérieu­se­ment per­tur­bée par le fait de porter une armure. Des Points de Pou­voir addi­tion­nels doivent être dépen­sés par les jeteurs de sorts qui portent une armure pour obte­nir les effets dési­rés. Cer­taines théo­ries sug­gèrent que ceci est lié au fait que l’armure agi­rait comme un aspi­ra­teur à mana, « reliant à la terre » une partie de l’énergie magique au moment où le sigil est formé, ou bien qu’elle agi­rait comme une bar­rière empê­chant la foca­li­sa­tion nor­male de la mana.

Tou­te­fois, les effets de l’armure sont les mêmes quelle que soit la source de mana uti­li­sée. Cela signi­fie que la théo­rie de la bar­rière doit être recon­si­dé­rée. Si l’armure agis­sait comme une bar­rière empê­chant la mana d’être concen­trée, les incan­ta­tions basées sur la mana per­son­nelle ne devraient être que modé­ré­ment affec­tées (une partie de la mana étant ambiante), alors que la mana ambiante et la mana fixe devraient l’être sévè­re­ment (puisque l’énergie est dans ces cas externe au jeteur de sorts). De la même façon, les mages qui se servent de la cana­li­sa­tion de mana ne devraient pas être affec­tés, puisqu’un pou­voir supé­rieur doit bien être capable de passer outre quelques mil­li­mètres de cuir ou de métal lorsqu’il trans­met de la mana à un per­son­nage. En fait, tous ces types d’incantation sont éga­le­ment affec­tés.

Si l’armure n’empêche pas « l’arrivée » de la mana, elle ne doit pas non plus per­tur­ber sa « sortie ». Il n’y a pas de dif­fé­rence au niveau thau­ma­tur­gique entre les sur­faces inté­rieures et exté­rieures d’une armure.

L’armure doit donc per­tur­ber le pro­ces­sus de for­ma­tion du sigil, quand le mage a concen­tré suf­fi­sam­ment de mana et cherche à la forcer en une matrice au tra­vers du sigil. La mana est intrin­sè­que­ment chao­tique et elle résiste aux ten­ta­tives de lui impo­ser un ordon­nan­ce­ment quel­conque. Plus l’ordonnancement demandé est strict, plus il est dif­fi­cile à atteindre. La moindre per­tur­ba­tion rend l’opération encore plus dif­fi­cile. La pré­sence de maté­riaux exo­gènes au corps du jeteur de sorts lors de la mani­pu­la­tion de la mana ten­drait à sa dis­per­sion, à la ten­ta­tion d’imprégner ce qui se trouve au contact de la zone de foca­li­sa­tion de la mana, le corps du mage.

Plus l’armure est com­plexe, plus elle pos­sède une quan­tité impor­tante de maté­riaux « dis­rup­teurs », plus elle per­turbe l’incantation. Cer­tains parlent de niveaux de com­plexi­fi­ca­tion de l’ordonnancement, de niveaux supé­rieurs d’encapsulation et d’autres concepts encore plus abs­cons, mais on peut en rester là pour com­prendre le prin­cipe. Cette théo­rie jus­ti­fie le fait que les armes ou les bou­cliers par exemple, soient peu per­tur­ba­teurs (ils n’enferment pas le corps du jeteur) et que cer­tains maté­riaux rares imposent des péna­li­tés moins impor­tantes, leur niveau de per­tur­ba­tion étant plus faible, notam­ment grâce à la pureté de leur com­po­si­tion.

Sigils, runes, symboles et sceaux

Un sigil décrit la struc­ture d’un sort, l’agencement exact de la matrice à former grâce à l’énergie magique. La com­plexité du dessin du sigil est pro­por­tion­nelle à la com­plexité du sort. Les sorts com­plexes et/​ou puis­sants néces­sitent des struc­tures tri­di­men­sion­nelles et une nota­tion par­ti­cu­lière per­met­tant de les repré­sen­ter sur des sur­faces bidi­men­sion­nelles. Cer­tains mages auraient repré­senté ce type de sigils en uti­li­sant des sortes de figures en « fil de fer ». Le simple dessin repré­sen­tant un sigil n’est pas magique.

Une rune com­mence comme un sigil sim­pli­fié. Le sigil est ensuite « chargé » de la mana néces­saire aux effets dési­rés du sort. Donc une rune est une ins­tance magique d’une struc­ture d’énergie qui peut être acti­vée par toute per­sonne suf­fi­sam­ment com­pé­tente, et pas seule­ment par son créa­teur. Les runes en elles-mêmes sont habi­tuel­le­ment écrites sur du papy­rus, du par­che­min, du papier ou équi­valent. Les Nains savent graver des runes sur la pierre et les char­ger de la magie pré­sente dans la Pierre.

Un sym­bole est un sigil sim­pli­fié gravé sur une pierre, un miné­ral ou une gemme. Les sym­boles sont presque tou­jours char­gés de mana, en fai­sant une variante des runes. Ils sont le plus sou­vent uti­li­sés pour déclen­cher des effets de sorts com­plexes.

Un sceau est un sigil sim­pli­fié estam­pillé sur du métal ou de la pierre qui permet de dépo­ser une marque en relief avec de la cire ou sur une sur­face telle que le papier. Comme pour les sym­boles, la mana est char­gée dans le sceau, qui peut alors être employé comme une rune.

Grimoires

Un gri­moire est le livre de sorts d’un mage. Ce tome contient habi­tuel­le­ment une page pour chacun des sorts connus par le mage. Chaque sort est repré­senté par son sigil, la retrans­crip­tion écrite de sa struc­ture. Les sigils dans un gri­moire ne sont pas char­gés de mana, le gri­moire étant plutôt à consi­dé­rer comme un aide-mémoire, un registre, des connais­sances en magie du jeteur de sorts. Un jeteur de sorts peut incan­ter un sort sans son gri­moire. Pour reprendre l’analogie de l’aide-mémoire, le mage va ins­crire le sigil de chacun des sorts qu’il connait et pourra ensuite passer des heures à lire et mémo­ri­ser les sigils jusqu’à ce qu’ils soient tota­le­ment gravés dans sa mémoire. En termes de jeu, cela repré­sente le temps passé par le per­son­nage à inves­tir des Points de Déve­lop­pe­ment pour aug­men­ter le nombre de Rangs qu’il pos­sède dans une Com­pé­tence d’Incantation de sort. Par la suite, une fois que les sigils sont mémo­ri­sés, le mage n’aura plus besoin de consul­ter son aide-mémoire pour incan­ter ce sort. Si le mage qui accom­pagne votre groupe doit consul­ter son gri­moire avant d’incanter un sort, bonne chance à vous…


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