02 · L’Arthedain en 3A 1640

Entre les puis­sants Monts Bru­meux et l’Ered Luin bleu, limité et pro­tégé par deux rivières impor­tantes, le Lhûn à l’Ouest et à l’Est le Bran­de­vin, l’Arthedain paraît être la demeure par­faite pour les Exilés de Númé­nor. Comme la région cen­trale de Númé­nor, le Royaume Sep­ten­trio­nal des Dúne­dain est une terre froide, rocheuse, acci­den­tée, peu pro­pice à l’agriculture sur une grande échelle, mais idéale pour la contem­pla­tion, l’étude et l’adoration. Exempt de Dra­gons, du climat gla­cial en hiver et de la crainte d’invasion de toutes direc­tions hormis l’Est, le Royaume Artha­dan semble, à pre­mière vue, être un royaume des­tiné à sur­vivre et à domi­ner le Troi­sième Age. Établi par les Hommes les plus sages et les plus grands, l’Arthedain existe sou­tenu par les Elfes de Lindon et de Riven­dell et par de puis­sants parents au Sud, en Gondor. Les Palantíri et une troupe de mes­sa­gers à cheval relient effec­ti­ve­ment les Royaumes Dúne­dain.

Mais en regar­dant à l’Est on trouve Angmar, le petit mais vorace royaume du Roi-Sor­cier, en équi­libre au seuil glacé de l’Arthedain. Ayant englouti le Rhu­daur et envahi le Car­do­lan il y a des siècles, Angmar se tient armé et de nou­veau prêt à atta­quer, jusqu’à ce que la volonté malé­fique du Roi-Sor­cier soit mise à exé­cu­tion ou détruite. Bien qu’abrité par des rivières et des mon­tagnes, et pro­tégé par ses voi­sins et le Forod­waith gla­cial au Nord, l’Arthedain a ses fai­blesses, les prin­ci­pales d’entre elles étant sa faible popu­la­tion et son atti­tude stric­te­ment non-bel­li­queuse. Sur Númé­nor, libres de l’étreinte des adver­saires et des tyrans, les Dúne­dain avaient déve­loppé une atti­tude des Grands Elfes et un style de vie contem­pla­tif qui leur ser­vaient bien. Mais trans­plan­tée dans les Terres du Milieu, où la pra­tique de l’art poli­tique implique le plus sou­vent com­bats et per­fi­die, la tra­di­tion Númé­no­réenne de la pour­suite paci­fique de la connais­sance et de la sagesse a presque conduit à l’extinction du peuple Artha­dan. Non habi­tués à l’appétit insa­tiable de sang, de ter­ri­toires et de revanche qui illustre les désirs les plus pro­fonds du Roi-Sor­cier, leur royaume, il y a des siècles, fut presque envahi par de grands nombres de bar­bares. Sans l’aide de Círdan et des autres Elfes, l’Arthedain serait tombé aux mains d’Angmar en 1409 de même que son état-frère plus faible, le Car­do­lan. Presque sans défense, l’Arthedain pos­sède ses armes : les Palantír, dont l’une de ces pierres est en phase avec une autre en Gondor ; des chefs et des sol­dats sages et cou­ra­geux aguer­ris par les batailles contre les Orques et les Hommes des Col­lines des Landes d’Etten ; et, plus que tout, la lignée inin­ter­rom­pue des Rois et de leurs conseillers renom­més, les Pro­phètes de For­nost. Le peuple de l’Arthedain reste uni dans la jus­tice de sa lutte contre les forces des Ténèbres, mais les moyens de ras­sem­bler le nombre impor­tant de sol­dats néces­saire pour défendre sa terre d’une inva­sion à grande échelle lui font défaut.

En Arthe­dain, l’aventurier trou­vera des tor­rents et des rivières pour pêcher et voya­ger, des trou­peaux de gros gibier pour chas­ser et une terre val­lon­née et ouverte à la vie séden­taire ou nomade. Ceux dont l’esprit est plus porté sur l’esthétique ou la poli­tique peuvent aller jusqu’à For­nost, où se réunit en secret la Cour Royale des Dúne­dain du Nord afin de dis­cu­ter et de débattre des affaires de l’État. Éga­le­ment à l’intérieur des murs hauts et bien gardés de la capi­tale de l’Arthedain, les éru­dits pour­suivent leur recherche sur les sciences et enre­gistrent l’histoire se dérou­lant autour d’eux. Ceux qui dési­rent exploi­ter en fer­mage le sol riche de l’Arthedain du Sud-Est doivent en deman­der la per­mis­sion aux Hob­bits, qui main­te­nant habitent et gou­vernent cette partie du royaume, sous la pro­tec­tion du Roi Arge­leb II. Pour la bois­son et le repos, Bree est proche ; les auber­gistes y servent de l’aie et des volailles rôties à tous les Hommes qui ont de la mon­naie en poche, quelles que soient leur loyauté ou leur mis­sion. Mais ceux qui n’ont pas un cœur vaillant, l’amour du risque ou le désir de faire face à une ter­reur d’outre-terre feraient mieux de rester loin des Coteaux aux Tumu­lus du Car­do­lan proche, car des Wights reve­nus d’entre les morts ont déclaré ce pla­teau bru­meux et nua­geux comme leur, et ils ne tolèrent aucun intrus. C’est vrai, des reliques de grande valeur y gisent enter­rées, avec les osse­ments des anciens rois Edain, mais quelle est la valeur que vous accor­dez à votre vie ?

Un royaume de contrastes, une terre domi­née par l’esprit par les plus grands et les moins nom­breux des Hommes encore chez eux jusqu’aux Hob­bits casa­niers et aux insou­ciants Hommes des Rivières du Bran­de­vin, un royaume dont les fron­tières orien­tales sont four­millantes d’espions, d’agents et d’étrangers mys­té­rieux visi­tant les auberges de Bree — tel est l’Arthedain, l’étonnant Royaume Sep­ten­trio­nal, sur le pied de guerre en 1640.


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